Le thé, une tradition de Debauve & Gallais

Tout commence par une histoire de bon goût. Dès la fin du 18ème, à Paris, Sulpice Debauve a l’ingénieuse idée de mélanger ses remèdes médicinaux au cacao et au lait d’amande pour en adoucir l’amertume. De cette intuition naissent, sous la forme de médaillons plats baptisés Pistoles, d’inédits chocolats de santé. Sa devise : Utile Dulci ou l’art de joindre l’utile à l’agréable.

Parallèlement, l’explorateur de saveurs, féru d’innovation et de chimie, s’intéresse au thé, un produit rare et précieux, qui se répand en Europe à la même époque. Après avoir plongé du cacao dans de l’eau bouillante, Debauve s’essaye naturellement à infuser des feuilles de thé pour en exhaler les parfums.

La maison de thé importe ses premiers crus de Chine et de Ceylan, par caravane et par bateau, avant de les stocker dans d’élégantes boîtes en fer noir aux lettrines dorées.

Sur les prospectus et les chromos de l’époque – ces cartes publicitaires illustrées très en vogue au 19ème siècle – la liste des chocolats adoucissants au lait d’amande, à la vanille ou au salep de Perse côtoie désormais celle des Chulan fins au jasmin, des Padre Souchong aux notes fumées et autres Pecco délicats à pointes blanches.

Apprécié pour ses vertus digestives et stimulantes, le thé se diffuse dans les salons de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie, sensibles aux nouveautés venues de loin. Boisson de raffinement et de distinction sociale, il se déguste dans des services en porcelaine, l’après-midi ou en soirée. Avec le pouvoir de réminiscence de sa madeleine trempée dans du thé, Proust en fait un véritable motif littéraire. Prisée des élites parisiennes, le magasin de la rue des Saints-Pères assoit sa réputation de grande maison, proposant aux côtés de ses chocolats thérapeutiques une sélection fine de thés purs, de thés mêlés et d’infusions. 

L'exigence en héritage

L’intégralité de la collection de thés est composée de recettes exclusivement de thés purs, non aromatisés, tels qu’ils étaient proposés au 19ème siècle, au plus près des recettes d’origine tout en étant enrichie de quelques signatures contemporaines, fidèles à l’esprit de la maison.

Sourcées dans les meilleures plantations, à l’exemple de celles de la Province de Lai Chau au Vietnam ou celles de la préfecture de Kagoshima au Sud du Japon, les feuilles sont rigoureusement triées pour en écarter le moindre défaut. Dans les thés mêlés, vanille de Madagascar, thym citron français ou encore anis vert et fenouil d’Égypte s’associent à leurs notes plus ou moins fleuries, boisées ou maltées, dans des dosages élaborés au milligramme près.

Les thés se déclinent à travers le thé vert de Kagoshima, un thé vert végétal et iodé ou le Padre Souchong, un thé noir de la province chinoise du Yunnan, fumé artisanalement au bois de hêtre en France. Quelques mélanges emblématiques retracent l’histoire de la maison, comme le « Mélange Debauve & Gallais », associant un thé noir de Ceylan à des écorces de cacao et des gousses de vanille, ingrédients phares des chocolats à croquer. Les notes fleuries dominent le « Mélange Saints-Pères », combinant thé noir d’Inde et
thés verts du Vietnam, enfleurés au jasmin et au lotus et agrémentés de lavande, tandis qu’une nouvelle recette revisite le traditionnel Earl Grey – baptisé « Earl Fersen » – en mixant thé noir du Népal à un yuzu du Japon.

Complétant l’offre, maté vert du Brésil et rooibos rouge d’Afrique du Sud déploient leurs notes épicées et zestées. Les infusions aux écorces de cacao « Theobroma », à l’hibiscus acidulé « Infusion des enfants » ou au thym citron, anis et fenouil « Utile Dulci » conjuguent gourmandise et bienfaits.

Dans l’esprit de pharmacopée des origines, la collection est pensée pour ses effets sur le corps et l’esprit. Vertus principales, température idéale et qualité de l’eau, temps d’infusion... sont indiqués sur chaque boîte de thé. Ainsi, le Chulan fin au jasmin, un thé énergisant et harmonisant, est idéal pour le matin et le début d’après-midi. Le Mélange Extra au thé sombre et à la fève Tonka stimule le métabolisme tandis que le rooibos vert au sarrasin du Japon est reminéralisant. Ils se dégustent aussi bien à l’heure du thé que pour arroser un dîner, brûlants, légèrement tièdes ou pourquoi pas, frais avec des glaçons, dans une tasse ou un verre à cocktail.  

Les boîtes en fer à double couvercle, reprennent les lettrines dorées et le vert foncé emblématique de la façade du magasin historique de la maison. Les sachets à infuser en fibre de canne à sucre sans ficelle de coton blanchi ni étiquette en carton préservent, quant à eux, la pureté absolue du produit.